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Le 19/07/2022
Quand le tantrisme fait des vagues
La vague tantrique ou vague orgasmique semble un rêve inaccessible : comment pourrait-on en effet connaître un plaisir comparable à celui d'un orgasme pendant très longtemps, parfois une heure ou plus, cette durée n'étant limitée que par l'épuisement de la personne massée ? Il faut déjà préciser qu'il n'y a aucune certitude de la découvrir, surtout lors d'un premier massage, car il faut être capable de totalement se relaxer, et beaucoup de conditions doivent être réunies. Il s'agit donc d'une expérience rare qui peut d'ailleurs ne pas se renouveler. Inutile donc de proposer (ou de demander) un massage spécifique "vague tantrique". Il faut ensuite ajouter que si elle donne un avant-goût de nirvana, elle n'a rien à voir avec cet état de béatitude intemporel qui demande un rude apprentissage, sans plus de garantie de réussite d'ailleurs.
Un état de telle plénitude est particulièrement difficile à définir, car justement, il échappe à tout ce que le cerveau met en oeuvre pour organiser la vie et la décrire. Donc à tout ce qui est rationnel : il se vit au présent, échappe au passé comme au futur : il ne se nourrit pas plus de souvenirs que de projets. Rien, à l'exception de la personne qui masse, ne relie plus celle qui est massée au monde "réel", au cadre ou aux personnes qui l'entourent ; pour éviter de l'y replonger, il faut donc éviter les bruits intempestifs, les questions, l'intervention de personnes autres que celle qui masse. Et naturellement, il ne doit faire ni trop chaud, ni trop froid, et être installé le plus confortablement possible. Si les femmes atteignent beaucoup plus souvent cet état que les hommes, c'est qu'elles dépassent bien plus facilement qu'eux tous les blocages qui organisent la vie, et parviennent donc à un laisser-aller complet, la condition primordiale pour découvrir cette vague. A la différence de l'orgasme classique lié à l'émission de liquides destinés à faciliter et à assurer la procréation (ce qui le condamne à ne durer que très peu de temps), la vague se nourrit d'elle même, sans lien avec la procréation, sans émission de sperme pour les hommes ; elle peut naître de chaque partie du corps, et pas seulement des zones sexuelles, même si celles-ci jouent un rôle éminent.
Cet état exceptionnel donne la sensation de flotter dans un espace infini qui n'a rien à voir avec celui que cerne l'intellect et que définit la science. Elle apporte un sentiment de bonheur parfait (il n'y a ni attente, ni regret) et elle irradie l'ensemble d'un corps qui prend totalement le pouvoir sur son chef d'orchestre, le cerveau. Ce bien-être supprime tant qu'il dure les petites souffrances tant physiques que psychologiques et peut se prolonger, avec évidemment beaucoup moins d'intensité, sur plusieurs heures, voire plusieurs jours. La vie semble plus belle, le moral est au plus haut, l'énergie rayonne.
Il faut non seulement que la personne qui masse sache comment provoquer, et surtout entretenir cette vague, qu'elle s'implique profondément dans le massage, mais aussi que la personne massée ne se trouve pas en état de dépendance (maladie, addiction, fatigue, grande souffrance, stress...), qu'elle accepte de complètement lâcher prise, et qu'en toute confiance, elle laisse croître son excitation pour entrer dans son propre monde, oubliant complètement le massage. Ce qui lui fait dire parfois : "j'ai fait un merveilleux voyage à l'intérieur de moi-même". L'expérience est en effet toujours individuelle, et ne peut jamais être partagée. Elle permet d'échapper aux tabous qui formatent l'éducation, C'est dire qu'il n'est pas facile de flotter sur cette vague, mais certains massages tantriques ont la vertu de vous y amener, et de transformer une vague aspiration en vague tantrique, un rêve en réalité.
Le 20/04/2020
En toute sécurité...
Pour arriver à se détendre, il faut évidemment se libérer de toute préoccupation, de tout souci, de tout stress. Cela commence dès le moment où le tantrisme vous a séduit et que vous désirez venir chez Tantrapura. Il s'agit la plupart du temps d'une démarche personnelle (pour une personne ou un couple) et vous n'avez souvent aucune envie que votre entourage, votre famille, vos amis soient au courant : le tantrisme , comme les massages, jouissent le plus souvent d'une mauvaise réputation, et dans une société de plus en plus pudibonde, vous ne souhaitez pas passer aux yeux des autres pour des dépravés. Les réseaux sociaux deviennent omnipotents, et même si vous ne faites rien de mal, vous pouvez y être jugés, voire condamnés par des gens qui veulent vous nuire. La paranoïa est telle que certain masseur, sur son propre site, affirme vouloir rester anonyme pour ne pas être reconnu de ses voisins ou de sa famille !
Sachez d'abord que le site Tantrapura est sécurisé grâce au système https qui rend l'accès à ses données impossible, du moins très compliqué. Tout ce qui passe par ce site est donc protégé. Vous pouvez répondre que si des hackers de haut vol parviennent à entrer dans des sites très sensibles, ils n'auront aucun mal à briser la protection de Tantrapura. Mais pour quel bénéfice ? Le jeu n'en vaut vraiment pas la chandelle, et la protection https suffit pour arrêter les "petits" malveillants .
Sachez ensuite que la confidentialité des échanges est primordiale pour Tantrapura : il n'existe aucun fichier susceptible de donner une quelconque information sur votre visite ; il n'y a donc rien à pirater ! Aucune photo, aucun enregistrement, et à la différence des stages, il n'y a pas de "temps de parole", comme vous ne vous sentirez pas obligé de dire des choses intimes, il n'y aura rien à répéter au cas où se trouveraient d'autres participants ! Dans un couple, ce qui est dit par l'un en privé n'est jamais transmis à l'autre, et si, à l'extérieur, le hasard nous amenait à nous rencontrer à nouveau, ce sera toujours vous qui ferez le premier pas. N'y voyez donc pas d'ingratitude ou d'impolitesse, mais simplement de la délicatesse.
Ceux qui sont venus ont pu le constater : ils ne sont jamais relancés (ils ne se trouvent donc sur aucun fichier), et s'ils veulent rester en contact, ce sont toujours eux qui rappellent en premier ou envoient un message. Si vous téléphonez, Tantrapura vous rappelle rapidement (si c'est impossible, il envoie un SMS), et si vous demandez à ne pas être rappelé, ou bien à ne l'être que dans certaines conditions, cela sera respecté.
Si Tantrapura dispose d'un parking, il n'y a sur ce parking et dans le hameau, aucune caméra de surveillance, donc aucune image de votre présence. Vous pouvez donc contacter Tantrapura et y venir sans avoir le sentiment de prendre de risque, l'esprit en repos, ce qui est une condition fondamentale du laissez-aller. Mais au-delà de tout cela, pensez que le regard des autres importe peu. Vous êtes là pour vous, et non seulement, vous ne faites rien de mal, mais au contraire, vous vous faites du bien.
Le 29/02/2020
Combien de temps encore ?
"Combien de temps encore ... ?" chantait Serge Reggiani pour crier son amour de la vie, au moment où la sienne s'obscurcissait. Pour de très nombreux couples, une fois les premières années passées, le désir s'amoindrit, la sexualité devient une routine et s'espace. On prétexte alors qu'il faut en priorité s'occuper des enfants, ce qui justifierait l'atténuation du désir, comme si la sexualité n'avait pour but que de procréer. De plus, ce temps passe vite, et une fois les enfants partis, la "mission" étant accomplie, beaucoup de parents n'attendent plus que de devenir... grands parents. Finis les rêves érotiques, la sensualité, le sexe... pour conclure : "tout a un temps", ou bien "ce n'est plus de notre âge". Or, à force de ne plus raviver la sexualité, elle disparaît, ce qui se répercute dans tout l'organisme qui, évidemment, "prend un coup de vieux" .
De nos jours, pour échapper à ce mécanisme qui touchait nombre de leurs parents, les jeunes couples se séparent dès que l'attrait réciproque diminue. Naturellement, ils avancent mille bons arguments pour éviter de donner le principal : leur vie sexuelle ne les statisfait plus, ils pensent ne plus rien avoir à découvrir l'un de l'autre. Pensant que l'herbe est bien plus verte dans le champ du voisin, ils recherchent un(e) autre partenaire,. Quoi qu'ils disent, ce n'est pas pour trouver mieux ; en changeant, ils pensent retrouver des sensations perdues, éprouver à nouveau du désir, se sentir pleinement vivre. L'esprit que le corps a pris en défaut, trouve toujours mille bonnes raisons pour justifier un nouveau choix...
Combien de personnes seules ou en couples pensent qu'une fois 60 ans, voire moins, elles n'ont plus à avoir de sexualité ? Et dans un couple uni, quel que soit l'âge, n'arrive-t-il pas que lorsqu'un des partenaires manifeste quelque désir, l'autre, pour lui faire plaisir, ou simplement pour être tanquille accomplisse sans aucun enthousiasme un "devoir conjugal", en espérant que ça s'arrêtera bien vite. Cette expression n'est-elle pas suffisamment explicite ?
Pour entretenir une relation amoureuse, il est indispensable de la revigorer, de lui redonner force. Il existe évidemment bien des recettes : des "médicaments", herbes ou champignons miraculeux, des livres ou des films érotiques, des échanges sexuels avec d'autres partenaires ou couples, des expériences de soumission, de domination. Tout cela fonctionne - sinon cela n'existerait pas - mais le risque est grand de tomber, soit dans une addiction, soit dans une nouvelle lassitude.
Le tantrisme offre aux couples comme à ceux qui sont seuls, une possibilité tout à fait originale. Ceux qui viennent seuls profitent d'un moment de bien-être qui ne va pas au-delà. Ceux qui décident de venir en couple vont aussi se redécouvrir : revalorisant chaque partenaire, il permet à chacun de voir en l'autre mille choses, tant physiques que spirituelles qu'il ignorait ou qu'il avait oubliées. Pourquoi chercher alors ailleurs la nouveauté ? De plus, il existe une multitude de chemins tantriques que chacun peut suivre à son rythme, sans rien changer au reste de sa vie. Pour une fois, l'homme et la femme sont parfaitement égaux et peuvent éprouver un sentiment de fusion. Le plaisir est immédiatement ressenti, et c'est le meilleur encouragement, la récompense la plus facile. La sexualité s'enrichit car elle est renouvelée. Il n'y a plus de limite d'âge, ou de toute autre nature. Le bien-être est également spirituel et se répercute dans le reste de la vie. Alors combien de temps encore ?
Beaucoup plus que ce que vous ne pourriez l'imaginer.
Le 03/01/2020
La confusion entre l'amour et le plaisir sexuel
La confusion entre l'amour et le plaisir sexuel est la source de bien des maux. Nombre de personnes pensent que les deux sont (ou devraient être) indissociables. C’est l’illusion la plus commune du mariage traditionnel. On se marie « pour la vie » on s'aime « pour la vie » et l’on doit n’éprouver de plaisir sexuel qu’avec son conjoint, « en pensée, en paroles ou en action ». Tout manquement, aux yeux de beaucoup de religions, est un péché plus ou moins grave selon ses conséquences, tempéré par le cynisme dans la vie, du : « ni vu, ni connu ». L'héritage est lourd à assumer. Le plaisir solitaire était strictement interdit, sous peine de damnation dans l’éternité, et dans l’immédiat, de surdité, de stupidité, voire de perte des cheveux ! La femme ne devait jamais éprouver de plaisir, au risque de passer pour une dévergondée. Seul l’homme pouvait développer une certaine sexualité qui, dans cette logique, transformait la femme en objet. De nos jours encore, combien font semblant de croire que les femmes n’ont pas autant de fantasmes que les hommes, autant de besoin de jouissance, et plus généralement, de sexe ? Pendant des siècles, on a imposé l'idée que la sexualité n’avait pour but que la procréation, et que le plaisir, même en couple, était un péché que l'on devrait expier tôt ou tard. Et l'amour ? Le mariage ne devant pas être une affaire sexuelle, beaucoup d'unions étaient arrangées, et l'on se contentait de dire que l'amour viendrait... après. Ou alors pas du tout, ce qui n'était pas si grave que cela puisque le divorce était difficile, que l'absence d'amour n'empêchait pas de procréer.
Il faut d’abord admettre que la conception actuelle de l’amour en occident n’a rien d’universel et qu’elle traîne comme idéal (ou boulet !), le mythe du "coup de foudre", de l’amour passion, de l’amour fou. Toute la littérature en montre pourtant l'échec, l'archétype étant Roméo et Juliette. Cet amour absolu est censé satisfaire tous les besoins, et apporter une extase d'autant plus vive qu'il n'est pas consommé. Il devrait pourtant conduire à la fusion éternelle de deux êtres. Or qu’on le veuille ou non, le plaisir, comme la douleur, est toujours une sensation personnelle qui peut certes être aiguisée par un autre, mais qui n'est jamais partagée, contrairement à ce que l'on se plaît à dire. Si jamais vous souffrez d’une rage de dents, quels que soient le désir ou les efforts de votre partenaire, vous aurez bien du mal à atteindre l'extase, et votre partenaire, heureusement, ne partagera pas votre souffrance. Pourquoi croire que cela est différent lorsqu'il s'agit du plaisir ? Lorsque l’amour s’use avec le temps, la capacité d’éprouver du plaisir ne disparaît pas. Reconnaître que son partenaire peut connaître un plaisir dont on n’est pas l’auteur n’est pas s’en désintéresser, et à plus forte raison, le mépriser : c’est lui reconnaître sa liberté, sa singularité, sa richesse.
L’amour dépend étroitement d’une autre personne qu'il est impossible de connaître parfaitement : chaque être est d’une infinie complexité et ne cesse d’évoluer ; la fusion, surtout sur une longue période, est impossible. Ce sont les sociétés qui définissent le cadre dans lequel existe l'amour avec, comme unique objectif, la nécessité de se perpétuer et d'assurer l'ordre public. Ce sentiment très profond peut donner un sens à la vie, et, par extension touche es domaines les plus divers (les enfants, la famille, les animaux, voire une collection...) Le plaisir, beaucoup plus fugace, peut en revanche se renouveler facilement, sans dépendre de l'amour ; il dépasse lui aussi le domaine sexuel (les arts, la gastronomie, les divertissements...) . Il n'implique pas de partage, ne dépend que de celui qui l’éprouve, même si mille choses, dont l’amour, peuvent le doper... ou le détruire !
Le tantrisme ne s’intéresse pas à l’amour qui n'appartient pas au même registre, puisque l'on peut vivre ensemble harmonieusement sans avoir de relations sexuelles. Le trantrisme valorise le plaisir, qu’il considère comme le moyen privilégié de l’épanouissement d'un être humain. Paradoxalement, le plaisir individuel renforce les couples, car une personne comblée rayonne d'un bonheur qui rejaillit sur tous ceux qui l'entourent.
Le 12/12/2019
Oubliez les interdits
Les "5 M". Voici une expression bien bizarre pour les non initiés ! Il ne s'agit pas d'une pratique secrète mais tout simplement de cinq éléments que la tradition indienne retient dans ses pratiques. La lettre "M" correspond à l'initiale de mots sanscrits : Mamsa (la chair), Matsya (le poisson), Madya (le vin) Mudra (le grain), Maithuna (la relation sexuelle). Le Panchamakara, est le rituel des 5 M. Dans la tradition indienne, le chiffre 5 organise la vision du monde, et tout est divisé en cinq catégories : non seulement les 5 sens que nous connaissons bien, les 5 éléments (eau, terre, feu, air et éther), mais aussi les 5 directions (on ajoute aux quatre directions qui nous sont familières, une cinquième, le centre)... et cela se décline dans des centaines de domaines.
Pour les ascètes, ces 5 M étaient considérés comme des poisons dont ils s'interdisaient la consommation, moins pour des raisons métaphysiques que parce qu'ils pensaient que leur consommation - et surtout leur abus - pouvait perturber leur méditation : une nourriture trop riche, de l'alcool, ou des ébats sexuels, risquaient de les éloigner de leur but, voire de leur faire perdre conscience, notamment en les incitant par exemple à s'endormir. Ces restrictions ont été adoptées, en tout ou partie, par de nombreux religieux, toujours pour les mêmes raisons. Un autre motif vint s'y greffer : celui de ne pas dépenser pour ces 5 M des richesses qui devaient revenir à la communauté : par exemple avoir des enfants, une conséquence logique de l'acte sexuel, impliquait ensuite de devoir dépenser pour eux de l'argent (nourriture, vêtements, éducation...), et de leur assurer un avenir, au détriment donc de l'Institution.
Certains cherchent actuellement à vivre selon ces principes, pensant qu'il s'agit d'une purification bienfaisante censée donner une vie meilleure, et, pour ceux qui méditent, d'un prélude à une méditation devant conduire à l'éveil. Cela touche de nos jours essentiellement la nourriture, avec l'illusion de ne pas nuire aux autres créatures qui vivent sur la terre en pratiquant cette "règle" : le végétarisme et son dérivé le véganisme en sont la manifestation la plus connue.
Dans la tradition bouddhiste, le Bouddha, après avoir pratiqué les ascèses les plus extrêmes a considéré que cela n'amenait pas à l'éveil et n'apportait rien. Le tantrisme s'oppose fondamentalement aux pratiques ascétiques, tout en respectant ceux qui s'y adonnent : il n'exclut personne et accepte fondamentalement les différencers de sexe, d'âge, de couleur de peau, de religion... Il pense que la libération de l'esprit commence par la libération des tabous qui empoisonnent l'existence, or tous les interdits sont autant de tabous. Dans sa revendication de libération et de liberté qui l'ont toujours fait mal voir des autorités et des sociétés organisées, il n'impose aucun contrainte, à partir du moment où un choix ne nuit pas aux autres. S'il vous nuit à vous, comme l'excès de boisson par exemple, vous en paierez les conséquences... Ce n'est que si vous souhaitez mener une vie monacale que le respect de ces interdits s'imposera.
La nourriture, si possible équilibrée, est indispensable à la vie, et surtout au développement. Supprimer la viande, le poisson, les laitages, ou certains légumes provoque naturellement un déséquilibre que seuls les plus riches peuvent compenser en achetant des produits de substitution. De toute manière, les animaux, comme les plantes... et les êtres humains, finissent tous par mourir un jour, et servent de nourriture à d'autres créatures. Toute vie se nourrit de la mort. Voilà pourquoi le tantrisme vous laisse libre, et vous encourage au contraire à profiter de tous les plaisirs de la vie, car il considère que cette vie est merveilleuse. Il s'agit d'une philosophie du bonheur, non de la souffrance, et il pense que c'est déjà dans ce monde qu'il faut trouver le bonheur, non dans un autre que personne ne connaît. La pratique tantrique, même et surtout lors de rituels, encourage à transgresser ces interdits.
Le 24/04/2018
Une parenthèse enchantée
Combien de fois avez-vous l'impression d'avoir tellement de choses à faire que vous vous sentez submergé ? Combien d'entre vous passent une bonne partie de leur vie à courir, parfois simplement pour assurer l'essentiel ? Le travail, les loisirs même, la vie familiale dévorent votre temps... Un temps qui passe sans que vous ne vous en rendiez-compte. Un vieux poète écrivait "Le temps s'en va, ma Dame, le temps s'en va. Las, le temps non, mais nous nous en allons". Les sollicitations sont si nombreuses que vous ne savez souvent plus "où donner de la tête". Le corps comme l'esprit ne suivent plus : insomnie, irritation, stress, "burn out", dépression vous menacent.
Le massage tantrique vous invite, au moins pendant un moment, à prendre uniquement soin de vous, à décompresser, à oublier vos préoccupations. Il ne s'agit évidemment pas d'une panacée qui transformerait d'un coup de baguette magique toutes ces sollicitations qui vous dévorent, et qui sont indispensables à une vie sociale. A un niveau très simple, le massage tantrique doit restaurer l'harmonie de votre être, lui apporter un sentiment de légèreté, de paix, et vous permettre, tant qu'il agira, de "voir la vie en rose". Vous n'avez aucun effort particulier à accomplir, pas de jeûne, d'exercice difficile. Rien qu'à vous laisser-aller.
Dans un premier temps, pensez qu'il ne s'agit que de vous : oubliez votre entourage, même proche, vos activités, votre monde. Pour échapper au temps, vous devez vivre au présent, sans tenir compte du passé ou bien de ce qui arrivera plus tard : pour le passé, il n'y a plus rien à faire, pour l'avenir, vous ne savez pas ce qui vous attend, en bien comme en mal. Seul le présent importe : écoutez votre corps, respirez lentement, laissez flotter vos pensées, et si jamais l'une voulait s'incruster, chassez-là, par exemple en répétant mentalement une formule toute faite. En un mot, laissez votre corps prendre le dessus sur votre esprit. Vous devez vous sentir bien : au chaud, en confiance, en paix. Les mains du masseur parcourent votre corps, écoutez-les, écoutez vous.

Laissez-vous aller au rythme des sensations agréables que vous ressentez : rien ne peut vous faire de mal et la confidentialité est de règle. Le masseur n'est en fait qu'un intermédiaire pour vous permettre de vous retrouver. Vous pouvez pleurer, rire, ou même vous endormir : le carcan qui emprisonne votre vie s'ouvre, vous vous ouvrez au monde, à l'univers, et vous prenez conscience de cette énergie que vous partagez avec lui. Une énergie qui vous irrigue en circulant dans l'ensemble de votre corps et qui, d'une certaine manière, vous inonde. Ne dit-on pas "inondé de bonheur ? ". C'est cela qui vous aidera, une fois le massage terminé, à vous sentir bien et à en prolonger les effets.
Le 21/02/2018
Noms de Dieu(x)
Le tantrisme actuel n'est pas une religion. Il ne cherche pas à convertir qui que ce soit, à vénérer tel ou tel dieu ; aucun clergé ne le structure, et a fortiori, aucun "pape" ne le dirige. On y trouve pourtant très souvent des références à Shiva et à d'autres divinités indiennes. Le culte de Shiva s'est développé au sein de l'hindouisme, et il existe aujourd'hui en Inde de nombreux temples qui lui sont dédiés, parfois très importants, avec des officiants, des fidèles, des rites... mais qui rejettent officiellement le tantrisme, alors que leurs rites en sont imprégnés ! Autre difficulté : le tantrisme s'est essentiellement épanoui dans le monde bouddhique où il a trouvé ses interprètes les plus connus, ainsi que des textes fondateurs. Or le bouddhisme accepte les divinités hindouistes comme Shiva, dans certains temples bouddhistes même, les fidèles vénèrent un linga, symbole phallique de ce dieu. Il est donc bien difficile de s'y retrouver, d'autant que le tantrisme accepte toutes les croyances ... donc l'hindouisme et le bouddhisme ! Voire l'absence de croyance établie, sa spiritualité étant d'un autre ordre. Pratiquer de nos jours le tantrisme, ce n'est ni devenir hindouiste ou bouddhiste, ni entrer dans une secte. C'est aussi considérer que nous vivons au XXIe siècle en Europe, et non au Xe siècle en Inde, que les chemins vers l'épanouissement sont multiples, et qu'il faut s'accommoder d'un monde moderne complétement différent de celui dans lequel il est né. Il serait aussi absurde qu'inutile de vouloir ressusciter un monde indien disparu depuis des siècles.

Mais toute spiritualité a besoin, au moins dans un premier temps et dans une approche simple, de s'appuyer sur des représentations concrètes, qui ont évidemment pour l'initié, valeur de symboles. Le christianisme représente ainsi Dieu en reprenant les images antiques de Zeus et de Jupiter, familières au monde méditerranéen où il s'est développé. Comme le tantrisme est né puis s'est épanoui en Inde, il est donc naturel qu'il s'exprime avec un vocabulaire, des images, ou des références appartenant à une culture indienne qui procède plus par assimilation que par rejet, donc sans renier l'héritage hindouiste ou bouddhiste. Shiva incarne au mieux cette tradition et on le voit régulièrement, dans les images tantriques (comme ci-dessus), uni avec son double féminin, Shakti. Ils sont assis face à face, Shakti pénétrée par Shiva, aussi puissante que lui, incarnant la plénitude qui résulte de la fusion des différences, ici l'homme et la femme. Shakti symbolise la force vitale, la déesse mère qui reçoit et donne la vie, l'énergie toute puissante et elle peut d'ailleurs prendre plusieurs noms - Uma, Parvati, Durga, Kali - selon l'activité qu'on lui attribue, créatrice ou destructrice, car tout symbole est ambivalent. Jamais en Inde n'a existé un être humain appelé Shiva, doté de quatre bras, portant un trident, une peau de tigre. Mais Shiva qui posséderait 1008 noms, aide à concevoir des notions abstraites, et sert ainsi de guide à celui qui cherche un chemin, tout comme, dans le bouddhisme, les bodhisattvas. Ils n'existent que dans l'esprit de ceux qui s'y adressent. Dans le tantrisme, il est possible de choisir pour être guidé une entité - le yidam - que l'on abandonnera, une fois que l'on aura suffisamment progressé, sachant que dans toutes les religions d'Asie, les divinités sont elles aussi vouées à disparaître... mais dans un avenir très lointain . En effet, l'unité de mesure du temps divin, le kalpa (un jour de la vie de Brahma) correspond à 4,32 milliards d'années, selon certains textes, il y en aurait trente.
Dans la pratique du massage, tout est infiniment plus simple, plus concret, et personne ne vous demandera de vous aventurer sur ces chemins philosophiques, mais il est utile de savoir que cette pratique s'inscrit dans une spiritualité aussi riche que complexe, qui lui donne justement sa force singulière, et explique son efficacité. Vous pouvez très bien apprécier un film qui passe à la télévision sans savoir comment il a été fait, ni comment fonctionne votre téléviseur. De même, vous pourrez parfaitement profiter d'un massage sans connaître Shiva et donner à la force vitale qu'il symbolise le nom de prana, de qi, de viridité... Comme l'esprit se veut toujours aux commandes, il est fondamental de l'obliger à s'ouvrir : si, dès le début, vous vous conditionnez en pensant que le massage ne servira à rien, voire qu'il vous contrariera, inutile d'insister. Commencez par avoir une attitude positive, et laissez faire votre corps. Si vous pensez que toute spiritualité est une baliverne, votre massage vous fera certes du bien, mais sans plus, et ses effets seront limités.
Le 15/02/2018
La porte du paradis
Atteindre le nirvana est le rêve de tout néophyte ainsi que la promesse de nombreuses initiations, qu'elles soient tantriques ou non, Tout le monde cherche un bonheur durable, car toute vie comporte des moments de malheur, d'autres de bonheur qui de toute manière, ne peuvent s'apparenter à ce fameux nirvana... qu'il faudrait encore arriver à définir, autrement que négativement (absence de malheur, de souffrance, d'angoisse, etc.)
Une première approche consiste à partir d'un moment vécu de grand bonheur (rencontre amoureuse, succès à un examen, naissance d'un enfant, récompense...) et d'imaginer que ce moment fugace dure éternellement. Vous remarquez déjà qu'il faut mettre la vie "normale" de côté, puisque toute vie comporte des aléas, le plus évident étant qu'elle est limitée dans le temps puisqu'elle aboutit à la vieillesse puis à la mort. Les ascètes et mystiques, qui disent avoir atteint un état de béatitude ont tous, d'une manière plus ou moins absolue, refusé la vie sociale, brisé toute attache familiale, rejeté tout plaisir, méprisant leur propre corps pour ne plus se préoccuper que de leur esprit, entrant de leur vivant dans l'au-delà. Ils ne s'en sont jamais plaints, mais leur expérience reste ineffable. Rien de ce qui est terrestre (l'amitié, l'amour, la nourriture, la musique, les arts, l'argent...) n'ouvre les portes de ce nirvana, car ces plaisirs sont toujours limités dans le temps, ce qui apporte la plupart du temps plus de soucis que de satisfactions. Le chemin de ceux qui se retirent du monde est si rude que beaucoup sont incapables de le suivre, et certaines spiritualités indiennes expliquent qu'il faut même plusieurs vies pour y parvenir. De plus, si cette aventure était généralisée, elle détruirait la société, voire l'humanité : sans procréation, comment en assurer la survie ? Les drogues peuvent donner le sentiment d'entrer dans le nirvana, mais elles ne font qu'agir sur un esprit et un corps passifs qui deviennent incapables de fonctionner normalement, un peu comme lors d'une anesthésie où l'on se trouve "déconnecté" de tout ; de plus les drogues entraînent une dépendance extérieure totale et lorsqu'il en est privé, l'être humain n'est plus que souffrance, incapable de faire quoi que ce soit. Leurs effets dévastateurs détruisent peu à peu l'organisme. Or sans organisme... pas de vie, et pas de nirvana !

La sexualité est un autre moyen de concevoir ce nirvana. En effet, elle génère un plaisir si intense que le nirvana s'apparenterait à un orgasme infini. Les extases des saints ou des saintes sont de cet ordre, et le vocabulaire qu'ils emploient, comme leur représentation dans l'art, en rendent parfaitement compte. Mais le plaisir sexuel est fugace, et des voies comme le tantrisme, ou le taoïsme (très proches l'une de l'autre), visent à le maîtriser afin de le prolonger. Tout plaisir est généré puis développé par le cerveau, ce qu'illustre parfaitement le "coup de foudre" : chacun trouve alors en l'autre une image de la perfection, gommant inconsciemment tout ce qui pourrait provoquer la moindre fissure. La sexualité ouvre alors des horizons illimités et des sensations de plaisir inédites. Le moindre contact peut susciter un orgasme. Que cette passion s'épuise pour une raison ou une autre, et l'amant(e) extraordinaire perd tout pouvoir. Alors que physiquement personne n'a changé, l'esprit a éloigné les corps et dissipé les sensations. Tout redevient banal, voire fastidieux. Certes, de nouveaux sentiments comme la tendresse peuvent naître pour assurer la survie du couple, mais force est de constater que "ce n'est plus comme avant". Le cerveau ne secrète plus ces hormones qui enchantaient le corps.
Le tantra ne prétend pas à l'éternité. En agissant sur l'esprit, il veut faire rayonner le plaisir issu des zones érogènes dans l'ensemble du corps, et ainsi le prolonger, voire le multiplier. Cette voie est plus facile à suivre que celle des ascètes, et ne demande pas d'engager l'ensemble de sa vie, permettant d'entrenir des relations familiales et sociales. Pour qui est en quête du nirvana, il ne s'agit que d'une étape. Le tantra offre donc la possibilité de procéder pas à pas, et d'oublier pour un temps limité les aléas de la vie quotidienne, alors que d'autres chemins impliquent un engagement plus complet. Encore ne faut-il pas confondre l'amour, riche de liens affectifs, et le plaisir qui en est dénué. Le tantra ne cherche pas à établir une relation amoureuse entre deux êtres..
Le but du massage tantrique est d'amener à une décontraction profonde qui fait oublier le passé, le futur, pour ne plus vivre qu'au présent : comment se détendre pleinement en pensant à une fin de mois difficile ou à un bonheur... à venir ? Le cerveau déconnecté de ses préoccupations habituelles ne retient alors que sur ce que le corps lui transmet : des sensations agréables. Cet état de vacuité de l'esprit et de délassement du corps permet à l'énergie de circuler plus librement, et de ressentir beaucoup plus intensément le moindre plaisir. Est-ce le nirvana ? Ce serait beaucoup dire. De toute manière, la décontraction ne peut faire que du bien. La recherche forcenée du plaisir absolu pour lui-même est condamnée à l'échec. Le tantrisme se pratique plus facilement à deux, voire plus, dans la mesure où les énergies, loin de se contrarier, s'enrichissent les unes les autres. Le sentiment de plaisir reste évidemment personnel, mais la pluralité enrichit les moyens d'y parvenir.
Le 12/02/2018
Un poil de réflexion
Où en est la mode ? Voilà un sujet bien préoccupant pour savoir ce que nous devons faire des poils et odeurs que la nature nous a plus ou moins généreusement donnés. Le sujet divise : d'un côté, il y a ceux qui prônent un retour au naturel le plus complet, excluant tout parfum ou tout rasoir, d'un autre, ceux qui ne cessent de contrarier ce naturel pour traquer le moindre poil, orner leur peau de tatouages délicats ou délirants, et parfumer tout ce qui peut l'être, afin de chasser la moindre odeur corporelle. La civilisation s'opposerait ainsi à l'état de nature. Remarquons tout d'abord que si nous arrivons à vivre actuellement aussi vieux et dans de bien meilleures conditions physiques qu'auparavant, c'est bien parce que l'hygiène a considérablement progressé. La couche de crasse qui, autrefois était censée protéger la peau, entretenait plein de petites créatures qui ne lui voulaient pas que du bien. Manger avec des mains sales fait avaler bien des choses qui ne facilitent pas la digestion. Ne jamais se laver les dents ne les rend pas plus saines, et nos ancêtres édentés en firent la triste expérience.
Un massage implique de part et d'autre une hygiène parfaite, n'en déplaise à ceux qui pensent que la douche abîme la peau. Inversement, arriver couvert de crèmes ou d'onguents n'est pas mieux, et il faut dans ce cas prendre une bonne douche avant ce massage. En effet, l'huile utilisée, neutre et sans essence ajoutée, suffit amplement à rendre la peau lisse et à la nourrir. Il est évidemment possible de recourir à des essences, mais il faut savoir les choisir et les doser, en évitant de les mettre au contact des muqueuses. Peu à peu, au cours du massage, l'huile pénètre d'ailleurs dans la peau, au point qu'il est possible de partir sans se doucher, et sans briller de toutes parts ! De même, mieux vaut s'abstenir de se parfumer trop généreusement avant un massage qui facilite l'absorption par la peau des micro particules de parfums de plus en plus chimiques. Mais les parfums ne s'opposent pas au tantra, tout au contraire. Ils ont également vocation à enchanter le monde. L'utilisation de déodorants suscite bien des débats qui dépassent le cadre du tantrisme, et surtout celui du massage : une douche préalable en dissipe une bonne partie, et permet d'éviter que trop de particules nocives ne pénètrent dans le corps. Mais il faut reconnaître que rien n'indispose plus qu'une forte odeur de transpiration. Entre deux maux...
Quant au système pileux... il suscite des controverses passionnées, surtout parmi les femmes. Les poils sont nettement mieux admis chez les hommes, passant encore pour un puissant signe de virilité. En revanche chez les femmes, ils sont souvent considérés comme une marque de laisser-aller. Une nouvelle fois, ce sont des canons esthétiques et moraux qui règlent la vie sociale. Le tantrisme, répétons-le, accepte chacun comme il est, et si le massage est évidemment plus facile lorsque la peau est lisse, il s'accommode naturellement des poils qui requièrent simplement un supplément d'huile. Une épilation complète ne renforce pas forcément les sensations ressenties,car les poils sont d'excellents transmetteurs de sensations. Dès qu'ils sont huilés, les mains du masseur se trouvent quasiment au contact de la peau du massé, permettant de préciser et moduler le toucher, les effleurements. Les massages les plus intimes s'accommodent également de poils sauvages qui entourent les zones les plus sensibles, et ne pensez surtout pas qu'il est indispensable de passer chez une esthéticienne avant un massage tantrique. A chacun de choisir en fonction de l'image qu'il veut donner de lui. Le tantra est toutefois une pratique raffinée, et s'il respecte le naturel, il apprécie que ce naturel soit bien entretenu.
Le 05/02/2018
Je n'ose pas...
Le premier pas est le plus difficile à faire : "je voudrais bien, mais je n'ose pas, pour qui vais-je passer ? " ! Téléphoner... "c'est terrible, parce que je ne sais pas trop quoi dire, et comme je ne suis pas décidé(e)..." ; envoyer un message par internet, "c'est donner mon adresse et je risque ensuite d'être importuné, voire fiché..."
Vous informer ne vous engage à rien, tout au contraire, cela satisfera votre curiosité et vous libèrera de questions, de désirs, de peurs qui vous encombrent... Sachez que vous ne serez jamais harcelé à la suite d'un message. Ne vous dites pas surtout "je n'ai pas le temps" : il s'agit d'une fausse excuse dans ce domaine comme dans tous les autres, car cela signifie en réalité "je ne le veux pas". Aucun lien caché n'est associé à Tantrapura, qui ne dépend d'aucun groupe, et ce site n'a pas vocation à disparaître du jour au lendemain. Le centre se trouve dans une "vraie" maison d'un "vrai" hameau. Rien donc de virtuel, hormis le site qui n'a rien à proposer d'autre que ce qui y est mentionné.
Le plus effrayant pour le néophyte reste naturellement le lien entre le tantrisme et la sexualité, car il est souvent confondu avec la prostitution en raison du nombre de personnes qui utilisent ce mot pour proposer des "services" qui n'ont rien à voir avec lui. Vous les repérerez vite : l'image d'une jeune fille aussi jolie que peu vêtue ne vous amènera jamais vers le vrai tantrisme. Répétons-le, le tantrisme inclut la sexualité comme un moyen, non comme une fin. Comme les tabous sexuels restent les plus puissants de tous, il est naturel d'être effrayé ; c'est à vous de vous en libérer... ou non, en évitant cependant de porter a priori un jugement négatif. De toute manière, le tantrisme ne s'adresse qu'à des adultes responsables.
Dans un premier temps, dites-vous que cela ne concerne que vous (ou votre couple) ; le regard, le jugement des autres n'ont rien à voir avec ce que vous faites, notamment dans la pratique du tantrisme ou des massages. Cette première liberté transformera votre approche. La seconde libération est de vous accepter tel que vous êtes. "Je ne vais pas me faire masser parce que je suis - trop gros(se), trop vieux (vieille), trop timide, trop poilu(e)...- il existe mille motifs, qui, tous, constituent de fausses excuses. Vous êtes avant tout un être humain et aucun ne peut revendiquer la perfection, surtout sur l'ensemble d'une vie. Le modèle physique idéal est fragile, et ne fonctionne que dans un contexte déterminé : il différe selon les pleuples et les époques. Une nouvelle fois, ne vous préoccupez que de vous. Il ne s'agit pas de passer un concours, mais de vous détendre et de ressentir du plaisir. Tout un chacun en est capable. La personne qui vous masse n'est pas là pour vous juger, son approche est systématiquement positive, et vous êtes assuré de sa confidentialité.

Comme l'idéal est de réunir des énergies complémentaires, il est naturel qu'un homme masse une femme, ou vice versa, ce qui curieusement ne pose jamais de problème ! Un homme peut aussi masser un autre homme, une femme, une autre femme. Tout être possède en lui une part féminine et une part masculine dont la proportion varie selon chacun. De plus, la personne massée ferme le plus souvent les yeux, et un bandeau peut l'aider à se concentrer sur elle-même et à oublier celui (celle) qui la masse et qui ne s'exprime plus qu'à travers ses mains, son énergie. Une femme massée par un homme inconnu ne devient pas une "fille facile" ! Un homme massé par un homme ne devient pas homosexuel ! Les massages excluent toute relation sentimentale. Dans une pratique avancée, la complémentarité des énergies est souhaitable, d'où la recherche de la parité lors des stages.
Le 02/02/2018
Nourritures philosophiques
Nombre de stages de massage voire d'initiation à l'ayurveda ou au tantrisme prônent plus ou moins discrètement un régime alimentaire, le plus souvent végétarien, parfois même végane, en y associant parfois l'interdiction de boire de l'alcool. Dans le monde indien où sont nés ayurvéda et tantrisme, le modèle de l'ascète ou du moine se privant délibérément de tout plaisir sensuel s'accordait parfaitement à la vie de la majeure partie de la société, trop pauvre pour manger de la viande, ou boire régulièrement de l'alcool. Or l'histoire des civilisations et de l'homme montre que dans toutes les sociétés dites "primitives", la survie est systématiquement associée à la consommation de viande et/ou de poisson, dès que l'occasion le permet, ainsi que de boissons fermentées. L'homme est naturellement omnivore, donc le végétarisme n'a rien à voir avec un retour à la nature. De plus, c'est grâce à ce régime omnivore que l'humanité vit nettement plus longtemps et dans de meilleures conditions que par le passé, et qu'elle ne cesse de croître.
La notion de végétarisme reste de plus très floue, acceptant parfois certaines viandes, du poisson, des oeufs, des laitages ... Quant aux véganes, les plus extrêmistes des végétariens, comment peuvent-ils croire qu'un produit pourrait être "pur", et que leur action améliore la condition animale ? La chaîne alimentaire pousse des animaux non seulement à manger des légumes, mais le plus souvent aussi, d'autres animaux. Si l'on veut récolter des légumes, il faudrait donc en éloigner les animaux qui s'en nourrissent, même microscopiques (y aurait-il des critères pour choisir entre bons ou mauvais animaux ?) par divers moyens plus ou moins biologiques, mais qui visent tous à les priver de cette nourriture, donc à les faire mourir. Si l'on admet avec certains savants que les végétaux aussi sont capables de ressentir l'affection ou du désinterêt (un exemple parmi d'autres) où situer la frontière entre le régne animal et le régne végétal ? Entre ce que l'on va manger et ce dont on doit se priver ? Existe-t-il un seuil de "conscience", interdisant de consommer ce qui se trouve au delà, alors que la vie prend des milliers et des milliers de formes extrêmement complexes, parfois transitoires entre le règne végétal et animal ?
Dans notre monde, tout est imbriqué, parcouru d'une même énergie qui traverse plantes, animaux et hommes. Rien ne peut vivre à l'écart de cette chaîne constamment entretenue par le cycle de la vie et de la mort. Les pluies ou les vents ne sélectionnent pas les parcelles sur lesquelles ils déposent les poisons et insectes nocifs. On refuse la laine, les matériaux synthétiques, mais sait-on comment est cultivé le coton ou le lin ? Peuvent-ils pousser par la grâce du ciel à l'abri des parasites et des maladies ? Peuvent-ils pousser sans traitements et sans énormément d'eau, asséchant ainsi des rivières, voire des mers qui auraient été nettement plus utiles en servant à autre chose ?
La vie des animaux sauvages serait-elle exemplaire ? Leur agonie, parfois très longue, est-elle préférable à leur mort dans un abattoir moderne ? S'ils sont maltraités, c'est naturemment tout aussi condamnable que lorsqu'il s'agit d'un être humain, mais la maltraitance est une perversité qui s'attaque tout autant aux animaux qu'aux êtres humains. Les hommes sont de plus en plus nombreux grâce au progrès des sciences, de la médecine. Cela n'a certes rien à voir avec le bonheur, mais les réflexions philosophiques et les régimes sont l'apanage de gens riches, et de sociétés avancées. Les pauvres n'auront jamais le choix de leur nourriture, à la différence des riches qui peuvent tenter d'équilibrer l'absence de viande par divers produits végétaux coûteux à produire dans des pays qui ne sont pas les leurs (le soja, les noix de cajou par exemple).
Essayer de vivre au XXIe s. à la mode du Xe s., voire de périodes antérieures, est une aberration. La médecine a considérablement évolué, l'agriculture aussi, tout comme les structures sociales. Personne n'échappe à son environnement, par exemple aux moustiques qui peuvent transmettre de lourdes maladies : doit-on sauver le moustique en acceptant que les plus fragiles, les enfants en particulier soient gravement handicapés ?
La leçon de toute philosophie est la modération, l'équilibre et par dessus tout, la tolérance. Se faire vomir ou bien "nettoyer" ses intestins dans l'espoir fallacieux d'en éliminer les toxines est tout aussi inutile que ridicule, voire dangereux. Pour ne pas parler des saignées, préconisées elles aussi par certaines médecines. Un massage ne peut-être efficace après un banquet copieusement arrosé. Mais les interdits (ou recommandations) alimentaires sont opposés à l'esprit libertaire du tantrisme. Chacun est le bienvenu, omnivore, végétarien, voire végane, car l'épanouissement spirituel (c'est bien l'esprit qui gère tout, y compris l'alimentation) amène naturellement chacun à choisir son propre équilibre.
Le 19/01/2018
Pourquoi tant de haine ?
Quel que soit le nom sous lequel on la cache, la sexualité se trouve au coeur du massage tantrique, et plus largement du tantrisme. S'il ne s'agissait que de cela, elle n'aurait guère d'intérêt, car il existe actellement mille autres moyens plus faciles de la pratiquer. Si le tantra recourt à la sexualité c'est qu'il considère qu'elle est le moteur humain le plus puissant pour produire de l'énergie : à l'origine de toute vie, elle en est un moteur essentiel, parvenant à renverser des obstacles apparemment insurmontables. Accessible à tout un chacun, elle apporte de plus un plaisir intense, solitaire ou partagé. De quoi donc la faire détester de ceux qui rêvent d'un monde meilleur (pourquoi le rechercher s'il se trouve déjà sur terre ?) et tenter de la contrôler pour ceux qui veulent diriger "au mieux" les consciences, donc la société.
Les ascètes, tout aussi mal vus des pouvoirs en place, suivent un chemin inverse, en domptant leurs corps, leurs instincts, et avant tout leur sexualité. Si le chemin tantrique semble plus accessible, il ne promet pas l'extase à tout un chacun. Il n'a rien non plus d'un libertinage : la multiplication des partenaires, loin d'apporter l'apaisement, pousse à une recherche constamment inassouvie. L'acte sexuel lui-même n'apporte qu'un plaisir limité dans le temps, s'il n'a pour but que l'orgasme "classique". En revanche, la sollicitation par le massage des zones érogènes éveille une énergie particulièrement puissante. Il n'existe cependant pas "une" énergie sexuelle différente des autres : une seule énergie anime pour le tantra, l'univers comme les êtres humains ; en eux, elle est gérée par divers centres appelés les chakras, répartis du périnée au sommet du crâne, et diffusée par les nadis, ces vecteurs invisibles qui irriguent l'ensemble du corps, et sur lesquels se fonde l'acupuncture. Grâce à eux l'excitation générée circule à travers tout le corps. Ne parle-t-on pas de "frisson de plaisir" ? Vouloir cantonner l'énergie sexuelle aux zones érogènes par une satisfaction rapide, c'est priver le reste du corps de ses bienfaits. La nier ou la refuser, c'est le faire mal fonctionner. Les sociétés ou les milieux les plus rigoristes qui prétendent l'exclure, ne font que favoriser l'hypocrisie et la perversité. Le bon docteur Freud l'a suffisamment démontré. Le tantra est la seule doctrine qui reconnaît la sexualité et l'utilise dans sa pratique.

Or cette sexualité est mal considérée. Un lourd héritage a été porté de siècle en siècle par des sociétés qui ont cherché à l'étouffer, au mieux à la canaliser. Lorsque les guerres, les maladies ou les épidémies décimaient des populations qui avaient une espérance de vie d'une trentaine d'années (Moyen Age occidental), leur survie passait par l'obligation de procréer. Il fallait donc avoir le plus d'enfants possible, et les condamnations les plus sévères touchaient les pratiques sexuelles qui ne la permettaient pas (homosexualité, sodomie, fellation, masturbation...). D'où aussi la polygamie et les mariages forcés. Le mariage devenu sacré permettait d'une part d'assurer l'éducation des enfants, d'autre part, la transmission des biens. En contrepartie, les enfants devaient être "légitimes", et l'épouse obligatoirement fidèle. Pas question de valoriser pour elle un plaisir qui pouvait la détourner de la procréation. La femme était avant tout, (à défaut d'être vierge, le statut idéal pour celle qui ne se mariait pas), un ventre à donner la vie, la garante du confort domestique... voire un moyen d'étayer sa fortune. L'homme jouissait en revanche de toutes les libertés. Les sentiments avaient peu d'importance, et les mariages étaient la plupart du temps arrangés afin d'unir des lignages, des biens... Peu à peu s'est développé le thème de l'amour-passion qui, contrevenant aux règles sociales (il n'avait plus besoin de la société), fut systématiquement voué à l'échec. Il en est paradoxalement resté un idéal, celui d'un couple où chacun cherche tout en l'autre ; la femme devait être belle, sensuelle, mère, amante, bonne gestionnaire, sensible ; l'homme fort, courageux, travailleur, père, amant, intelligent, protecteur... La désillusion ne tardait guère. Dans des sociétés où le divorce quasiment impossible était systématiquement condamné, restait à trouver un modus vivendi. L'homme recherchait le plaisir sexuel en dehors de son couple, dans des maisons closes, ou des conquêtes innombrables qui le valorisaient ; la femme, dans des rêveries ou des plaisirs solitaires jugés "coupables", parfois dans des aventures, elles, unanimement condamnées.
Le tantra, à l'image de toutes les philosophies orientales ne vise pas à bouleverser le monde. Il demande en priorité à s'occuper de soi-même. Respectant les opinions et croyances les plus diverses, il affirme la liberté de chacun, provoquant ainsi sa condamnation par les ordres établis. Cela explique le secret qui a entouré sa transmission durant des siècles. Chacun est responsable de sa vie, donc de son bonheur... ou de son malheur. Il n'y a pas à rechercher de cause, ou de responsable à l'extérieur. Une maxime chrétienne "Aide-toi et le ciel t'aidera" va d'ailleurs dans le même sens. Celui ou celle qui ne vit qu'à travers l'autre ne s'épanouit pas, et la perte de l'autre, quelle qu'en soit la raison, devient une catastrophe. Il faut dissocier amour et plaisir : à force de vouloir les réunir à tout prix, on détruit l'un et l'autre. Le plaisir, même créé par l'autre, ne peut être ressenti qu'individuellement. L'amour fait brutalement entrer dans la vie d'un être une autre personne qui, quoi que l'on en pense dans les premiers temps, est fondamentalement différente, avec une autre histoire, d'autres attentes. Ce dont on se rend compte peu à peu. Lorsque l'on considère qu'une séparation est plus néfaste qu'une cohabitation, l'amour s'étoffe de nouveaux liens : enfants, spectacles, musique, nourriture... mais la sexualité n'y trouve que rarement son compte. Or elle reste le fondement de la vie... et de la jeunesse. Elle peut alors s'enrichir de nouvelles pratiques, et les sollicitations sexuelles ne sont plus systématiquement associées à son(sa) partenaire, ne détruisant en rien un amour qui s'épanouit sur un autre plan : écouter une musique magnifique, déguster un met délicat, contempler un tableau extraordinaire apporte un plaisir individuel que l'autre ne partage pas forcément. Serait-ce une cause de rupture ? Pourquoi en irait-il différemment dans le domaine sexuel ? Un massage apporte du bien-être à l'un ou à l'autre sans pour cela briser l'amour. Lui permettre d'éprouver du plaisir sans en être la cause n'est-il pas plus important que de le lui interdire ?
Malgré la singularité du plaisir et de tout chemin initiatique, on ne peut oublier que l'homme vit avec d'autres hommes, dans un monde et plus largement un univers qui se reflètent en lui. Il est illusoire de lutter contre eux (d'où la doctrine de la non violence, ou, pour le taoïsme, du "non agir"). Ce n'est pas en dominant le monde, les animaux ou la nature que l'on découvre sa force. Les catastrophes naturelles rappellent régulièrement que la nature n'a que faire de la "puissance" de l'homme. Qu'il le veuille ou non, il doit s'harmoniser avec ce qui l'entoure, tisser des liens (pour reprendre une étymologie du mot "tantra"), et chercher ainsi une extase qui devient fusion avec l'univers. À deux, cela est évidemment plus facile, mais n'est pas indispensable. Le propre du tantrisme, par rapport à d'autres voies, est d'utiliser la sexualité pour progresser. En effet, il s'agit de suivre un chemin qui impose ses contraintes : ce n'est pas un simple massage, même partagé, qui permettra d'atteindre le septième ciel et d' y demeurer. Ce n'est qu'un point de départ. L'essentiel de l'aventure est à venir, un peu comme lorsque l'on apprend à faire du vélo ; au début, cela semble extraordinaire de pouvoir avancer sur deux roues, mais on reste encore très loin de pouvoir escalader le Tourmalet ! La force du tantrisme est qu'il ne cherche pas à détruire le monde ou ses habitants. C'est une doctrine positive qui n'exclut pas l'amour, mais qui ne peut se confondre avec lui.





